Un constat

En France, chaque année, c’est 1.4 millions d’accidents de la main dont 620 000 graves. Certaines lésions peuvent engendrer des atteintes sensitives et donc provoquer des troubles de la sensibilité tactile. Une bonne rééducation est l’une des clés pour restaurer la sensibilité tactile, éviter les complications quotidiennes et être plus efficace dans la préhension des objets. Des pathologies nerveuses, des traumatismes de la main ainsi que les effets de l’âge peuvent entrainer un déficit sensitif se manifestant par la dégradation de la précision gestuelle et devenir un véritable handicap.

« La sensibilité de la main est un élément essentiel dans notre vie quotidienne qui nous permet d’interagir avec notre environnement et d’évoluer en sécurité. Notre but est de permettre à nos futurs utilisateurs de retrouver la sensibilité ou de retarder la perte de celle-ci. »

Fort de ce constat, j’ai mis mes compétences et connaissances au service des autres en développant ce projet. J’ai toujours aimé le domaine de la santé et du bien-être. J’étais attirée par le fait d’exercer un métier lié au sport et à la rééducation. En me tournant initialement vers la réadaptation grâce aux activités physiques adaptées, je me suis rapidement intéressée aux outils nécessaires aux séances de rééducation. Direction l’ingénierie de produits et la biomécanique !

L’idée du gant Haptiko est née ! C’était tout simplement un cas d’école. Mais c’est après avoir testé l’idée, en faisant parvenir un questionnaire auprès des kinés et en le mettant en utilisation auprès d’un patient, que l’idée s’est concrétisée. Test encourageant. Le projet entrepreneurial était lancé !

Collaborations et accompagnements

Le projet a d’abord été soutenu par l’incubateur Etudiant entrepreneur de Savoie Technolac (dispositif de soutien des étudiants entrepreneurs). Rappelons que l’incubation concerne toute la période préalable à la création d’une entreprise afin de faire des tests et de concevoir l’innovation qui correspond le plus au besoin du client. Par le biais de cette incubation, le projet a été sélectionné et à intégrer le programme Pépite Starter. Et enfin la SATT (société d’accompagnement et de transfert technologique) LINKSIUM de Grenoble permettant la mise en relation entre travaux scientifiques, milieu de la recherche et milieu entrepreneurial.

Wens travaille depuis le départ en étroite collaboration avec le LIBM (Laboratoire Interuniversitaire de Biologie de la Motricité) de Chambéry dans la thématique 4 : interface Homme/environnement – Homme/matériel. Le LIBM est une équipe d’accueil (EA 7424) sous la cotutelle des universités Lyon 1, Jean Monnet et Savoie Mont Blanc. Le LIBM associe des chercheurs dans le domaine de la physiologie, de la biomécanique, des neurosciences et des sciences de l’ingénieur appliquées aux activités physiques et sportives et à la santé. Le LIBM regroupe 5 thématiques transversales avec l’objectif commun de comprendre et modéliser les effets de la pratique physique sur les fonctions organiques.

Les premiers prototypes élaborés avec le LIBM

Les premiers prototypes réalisés, nous les avons mis en test chez les professionnels. Ces derniers été destinés aux professionnel.le.s de la rééducation souhaitant compléter leurs programmes de rééducation et contribuer à une innovation de ce domaine.

En parallèle de ces tests sur population pathologique, le LIBM et WENS ont réalisé une évaluation de l’utilisation du dispositif sur population saine afin de l’analyser sur des groupes plus homogènes et envisager son utilisation pour les sportifs.

« La rééducation est un domaine qui me tient à cœur. Nous voulons apporter un sens à la rééducation en permettant au patient d’être le principal acteur de son réentrainement sensoriel »

Le produit : un matériel de kinésithérapie, simple d’utilisation et innovant

Après de nombreuses revues de littératures sur le sujet, des modélisations de résistance des matériaux entre la peau et les picots et plusieurs prototypes, notre gant Haptiko a vu le jour.

Il a fallu de nombreux mois (2,5 ans pour être exacte) pour trouver le bon process de fabrication qui rendra la technologie efficace mais aussi abordable.

Haptiko met en avant l’auto-rééducation pour créer un lien entre la structure de rééducation et le domicile du patient, l’innovation en apportant un nouvel élément à la boite à outils actuelle du rééducateur et la simplicité en proposant un dispositif facile d’utilisation, hygiénique et adaptable.

Elaboration de l’entreprise

Afin de proposer cette nouvelle solution aux professionnel.le.s, j’ai dû me challenger sur toutes les autres étapes qui arrivent après les plus passionnantes (pour moi) que sont la recherche, le développement et l’industrialisation : il a fallu aborder les aspects juridiques, financiers, marketing, commerciaux…

La société Wens a donc vu le jour en 2018 grâce aux soutiens de différents acteurs comme : BPI France (organisme soutenant l’innovation en France), INOVIZI, PEPITE, les structures de financements, les structures de formation et d’accompagnement… autant d’acteurs incontournables à l’élaboration d’un projet entrepreneurial et à sa mise en œuvre.

Puis a fallu donner envie et faire partager notre idée…Le projet s’appelait au départ : Sensiboost. Je vous laisse deviner pourquoi … Mais nous le jugions long, littéraire, peu méconnaissable.

Un atelier de créativité lors de notre incubation chez LINKSIUM et à l’issue du brainstorming, dix noms ont émergé. C’est le mot WENS qui nous a convaincus : la contraction de Wellness (bien-être) et Sens.

Et notre gant : il lui faut un nom aussi !? Nous voulions refléter le fait que de travailler sur le sens du toucher. Et ce fût HAPTIKO ! La première partie du mot « HAPTIK » fait référence à l’haptique qui signifie « je touche ». C’est la discipline qui explore et exploite le sens du toucher et les phénomènes kinesthésiques. Tout le sujet de notre expertise. La fin du mot « PTIKO » évoque quant à lui notre innovation avec l’utilisation du picot à l’intérieur de notre gant pour rééduquer au mieux la main. Enfin, la terminaison finale en « O » nous plonge dans l’eau : l’élément dans lequel s’opère le protocole de rééducation.

Puis est venu le temps du business model, de l’élaboration du PAC, de la création du site internet, de la boutique en ligne (et oui, étape incontournable en 2020 à ce qu’il paraît) et encore bien d’autres étapes pour arriver jusqu’au bon moment pour proposer notre produit. A vrai dire, on ne sait jamais vraiment quel est le bon moment en fait. On se questionne toujours : est-ce que le produit est assez bien pour le proposer ? est-ce que je suis prête ? Est-ce que les futurs clients sont prêts ? Tant d’étapes mais aussi riches les unes que les autres.

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